prohibition

Prohibitions et Speakeasies

Prohibitions & Speakeasies

Il y a quelques années, on avait l’impression que chaque nouveau bar à cocktail se présentait comme un speakeasy : pas de signe extérieur, porte borgne, mot de passe exigé pour entrer et clin d’yeux appuyés à la prohibition dans la déco intérieure. Mais comment était-ce vraiment dans les années 20 ?

L’interdiction du commerce de l’alcool entraîna la fermeture de tous les bars. Mais elle créa dans le même geste un marché pour des établissements clandestins. Les plus simple d’entre eux n’étaient guère plus que des domiciles particuliers où le locataire fournissait au visiteur de l’alcool de contrefaçon, du vin élaboré avec les raisins du jardin ou une bière louche. Pour ne pas attirer l’attention, il convenait bien entendu de ne pas faire de bruit – de parler bas, speak easy. Ce nom devint vite populaire et s’appliqua également à des établissements bien plus ambitieux, de véritables clubs où l’on pouvait manger, danser au son d’un orchestre et, bien entendu, boire, parfois du véritable champagne. Speakeasy avait beau être leur nom, leur nature même en démentait le sens. En fait, ces ‘speakeasies’, connus de tous aujourd’hui car mis en avant dans de nombreux films, opéraient souvent de manière légale. Ni les discothèques ni les restaurants n’étaient interdits. Bien sûr, en servant de l’alcool, ils enfreignaient la loi. Ce n’était qu’alors que la justice pouvait intervenir. La corruption permettait de limiter les descentes policières, mais ce n’était pas une panacée : les fermetures judiciaires étaient communes, les changement d’adresses, fréquents.

Entre ces endroits luxueux et les appartements de particuliers, il existait toute une série de lieux intermédiaires, où boire était possible. Et certains correspondent plus à l’appellation speakeasy que d’autres. On pense notamment à des établissements qui ressemblent fortement aux tripots de jeu clandestins. Une arrière-boutique, une salle d’un restaurant, une cave aménagée de quelques tables où, pourvu que l’on connaisse la personne à la porte, on peut acheter un verre de whisky. Au bout du compte rien de neuf : la mécanique typique de tout commerce clandestin.

 

Ne buvez pas au volant. Consommez avec modération.