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Le B.a.-ba des spiritueux par Alexandre Vingtier : I comme Indian Made Foreign Liquor

Découvrez l’Indian Made Foreign Liquor, aussi connu sous le nom d’IMFL dans cette suite de l’ABC des esprits d’Alexandre Vingtier.

Si l’inde compte aujourd’hui environ 1,3 milliards d’habitants, on considère qu’environ 30% de cette population consomme de l’alcool au moins une fois par an : très rarement du vin (1%), plus souvent de la bière (7%) et surtout des spiritueux (92%), ce qui en fait le troisième marché mondial. Il y a deux semaines, je vous parlais du Feni de Goa, la première Indication Géographique indienne.

 

Indian Made Foreign Liquor A.K.A IMFL

On trouve également un grand nombre de spiritueux traditionnels encore très populaires dans les campagnes. Mais, indéniablement, les Indiens se convertissent toujours plus au whisky, au brandy ou encore au rhum (assez faiblement au gin et à la vodka) dont les ventes ont doublé en volume sur la dernière décennie. Tant et si bien que l’Inde est le plus grand consommateur de whisky au monde avec une production à 98% locale. Néanmoins, on doit y mettre un bémol puisque ce whisky ne répond qu’à la définition locale et ne saurait en rien, mises à part les exceptions notables que sont les single malts Amrut, Paul John ou encore Rampur, être comparable à son modèle britannique.

Certes, si l’on produit bien de grandes quantités de whisky de grain et un peu de malt en Inde, l’essentiel de la production est constitué d’ersatz à base d’alcool neutre de grain ou de mélasse. Ceci, en fonction de la matière première principalement disponible dans chaque Etat.  Aromatisé ou coupé avec de vraies eaux-de-vie avant de les colorer pour donner l’impression de vieillissement des spiritueux bruns. Et ce, qu’ils s’agissent de whisky, de brandy ou de rhum. Sauf dans le cas de Wild Tiger ou d’Amrut Two Indies pour cette dernière catégorie. Ce sont des produits authentiques et donc exportables.

 

Indian Made Foreign Liquors

On nomme cette production industrielle Indian Made Foreign Liquors pour bien la distinguer des spiritueux locaux traditionnels. Elle s’approche ou correspond à ce que les Américains dénomment Imitation Spirits. Ou ce que nous appelions fantaisie en France il y a un siècle de cela. De l’alcool de betterave bonifié avec des concentrés aromatiques. Un grand nombre de pays asiatiques a une législation tout aussi permissive. Et l’industrie indienne sert actuellement de modèle au développement de distilleries en Afrique. Ici, ces whiskies indiens connaissent un certain succès face aux géants internationaux.

Il est intéressant de constater un mouvement plus vaste. Sur plusieurs décennies, partant de spiritueux traditionnels à une prise de conscience de leur intérêt économique et culturel. Avec l’instauration d’Indications Géographiques, vers des catégories internationales, même leurs ersatz, avec une premiumisation constante pour développer des marges plus importantes. Il n’y a qu’à regarder les étiquettes de marques de whisky indien. Elles insistent sur leur assemblage de « whiskies de grain indiens sélectionnés avec du malt écossais importé ».

Ce n’est pas pour rien que des groupes comme Diageo et Pernord Ricard investissent massivement sur ces marchés. A long terme, on peut prédire la création de véritables blends originaux et l’essor des single malts indiens sur les prochaines décennies, suivis probablement par de nombreuses marques de rhum.

 

No buvez pas au volant. Consommez avec modération