lambig

Le B.a.-ba des spiritueux par Alexandre Vingtier : L comme Lambig

Si le calvados est indéniablement l’eau-de-vie de cidre (et de poiré) la plus connue de France voire au monde, il ne faut pas oublier l’existence de son cousin et voisin le lambig.

Son nom serait une déformation d’alambic et on l’appelle parfois aussi gwinardant, littéralement « vin ardent » en breton.

Si la production est apparue dans les fermes au cours du 17e siècle, son essor intervient lors du 19e siècle alors que les vergers s’étendent autour des ports hauturiers et des cités ouvrières. C’est à dire, dans la vallée de la Rance (Dinan) et sur les côtes d’Emeraude (Saint-Malo). Du Goëlo (Saint-Brieuc) et de Granit Rose (Lannion) le long de la Manche. Sur la presqu’île de Crozon au sud de Brest ; entourée par la Mer d’Iroise ; sur les côtes de Cornouailles (Quimper) et des Mégalithes (Lorient, Auray et Vannes) au sud. Dans la vallée de la Vilaine (Redon) et ses affluents, en particulier l’Oust. Et dans le pays rennais à l’est. D’abord paysan, le lambig est donc devenu l’eau-de-vie des marins et de la classe populaire urbaine.

Techniquement, le lambig est produit à partir de 70% minimum de pommes phénoliques qui permettent une fermentation lente favorisant le développement aromatique et de 15% maximum de pommes acidulées. Il est distillé au moins pour moitié en alambic à colonne. Parfois complétée d’une distillation à repasse et doit vieillir 24 mois minimum. Certaines qualités sont remarquablement vieillies. Mais rien ne remplacera la sincérité et la démonstration du savoir-faire ancestral breton des meilleures eaux-de-vie fermières !

Les années 1980

Même si la distillation ambulante permet de faire vivre la goutte ancestrale, la production s’est professionnalisée sur le tard, avec l’apparition des premières dans les années 1980. Dès 1991, le pharmacien de formation Gilles Leizour, propriétaire de la distillerie Warenghem aujourd’hui célèbre pour ses whiskies, monte avec une vingtaine de producteurs le premier dossier pour espérer une première reconnaissance qui intervient en 1999 avec la création de l’Appellation d’Origine Réglementée.

La consécration finale intervient quant à elle en 2015 avec la reconnaissance en AOC. Cet événement classe le lambig au même niveau que le calvados, le cognac ou l’armagnac. On trouve à sa tête l’association des 17 Hermines comptant pas moins de 20 producteurs. En outre, des distillateurs ou négociants. Leur production annuelle avoisinant les 100.000 bouteilles.

 

Ne buvez pas au volant. Consommez avec modération.