cidres

SOS la filière cidricole a besoin de soutien

Les mesures demandées par la filière cidricole sont des mesures de soutien public (aides financières) dont elle a besoin pour surmonter la crise liée au Covid-19.

Depuis le confinement, les ventes de cidre sont divisées par 2. Celles de spiritueux à base de cidre (Calvados, Fine de Bretagne, Fine du Maine, Pommeaux…) par 4. La baisse est sensible en grande distribution (-20 à -25% pour le cidre), et le reste du marché. Près de 40% des volumes, est totalement ou quasiment à l’arrêt. Cela inclut notamment la consommation hors domicile, qui est évidemment à zéro. Le commerce de proximité et la vente directe. Ce circuit est essentiel pour tous les producteurs. Pour certains il est largement prépondérant voire exclusif, ce qui les rend d’autant plus vulnérables. Le cidre est également une boisson fortement dépendante du tourisme (notamment en Bretagne et Normandie, bien sûr). Enfin les exportation sont également largement empêchées, ce qui est grave pour le cidre mais plus encore pour les spiritueux (50% d’export).

La consommation hors domicile ne va reprendre que tardivement et partiellement. Il est évident que le tourisme va prendre un coup, et l’exportation va être ralentie durablement. Dans ces conditions, les pertes de la filière cidricole vont s’accumuler pendant de nombreux mois. Ainsi la filière va se retrouver avec des invendus et une récolte qui (d’autant qu’elle s’annonce supérieure à la moyenne) ne trouvera pas à s’écouler en totalité. Exportation de fruits et de concentrés réduites à néant. Incapacité des transformateurs de cidre, et plus encore de spiritueux, à absorber la récolte, alors que les débouchés sont en baisse et le marché déjà en excédent.

 

Les trois demandes et leur justification :

Dégagement du marché par le retrait de cidres (à travers la distillation industrielle, notamment) et de pommes à cidre. Les volumes à retirer du marché aujourd’hui: estimés à 200 000 hectolitres de cidre et 100 000 tonnes de pommes.

Afin que les excédents ne pèsent pas sur le marché (ce qui peut durer plusieurs années), la filière demande qu’ils soient éliminés. Ce sont les mesures de retrait de cidres et de fruits qui sont demandées. Le retrait consiste à détruire les produits ou à les détourner vers d’autres débouchés. Ces derniers, n’ayant aucune influence sur le marché des produits cidricoles : éthanol industriel, méthanisation, par exemple. Le soutien public (indemnisation des volumes de cidre et de pommes retirés du marché) doit être suffisant. Ainsi les producteurs pourront s’en sortir sans subir de pertes trop importantes. Ces pertes seraient catastrophiques pour leur survie.

Pour les Organisations de Producteurs, réinscription du cidre sur la liste des produits à base de fruits et légumes transformés dans l’OCM Fruits et Légumes, dont il a été indûment écarté depuis quelques années alors qu’il représente la majorité des volumes et de la valorisation des pommes à cidre. Autre soutien demandé pour relancer le marché en sortie de crise : des aides financières pour mettre en place une campagne de communication de crise à destination des consommateurs. Pour sensibiliser le public et de remettre à l’esprit des français les produits cidricoles et la filière.

 

Mesures d’appui financier à la communication de crise telles que prévues notamment dans le cadre de FranceAgriMer.

La troisième demande est une demande faite depuis plusieurs années. Afin que les organisations de producteurs de pommes à cidre bénéficient comme il se doit des aides de la politique agricole commune dont ils sont privés. Car le cidre ne figure plus sur la liste des Fruits et Légumes transformés de la PAC. Il s’agit de corriger une anomalie. De revenir à une situation juste où le cidre, comme il l’a été dans le passé et comme il doit le redevenir. Qu’il bénéficie comme les autres produits des fruits et légumes transformés des soutiens prévus dans le cadre de la PAC. Demandé depuis un certain temps, le retour à la normale pourrait enfin se faire étant donné l’urgence et la gravité de la situation actuelle.

Jean-Louis BENASSI

Directeur UNICID-IFPC

http://unicid.fr

 

 

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